Courtage spécialisé · Immeubles entiers

Assurance immeuble et revenus fonciers : vos primes sont déductibles — à condition de bien déclarer

MRI, PNO, GLI, protection juridique : au régime réel, chaque euro de prime d'assurance de votre immeuble en monopropriété vient réduire vos revenus fonciers imposables. Autrement dit, votre assurance coûte nettement moins cher que le tarif affiché. Voici le cadre complet — régimes, formulaire 2044, SCI à l'IR ou à l'IS — pour raisonner en coût net.

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Fiscalité de l'assurance immeuble
Raisonner en coût net
Le bon réflexe
de la prime déductible au régime réel
100 %
plafond de loyers du micro-foncier
15 000 €
du formulaire 2044 (primes d'assurance)
Ligne 223

L'assurance de votre immeuble est-elle déductible des revenus fonciers ?

C'est la question que se pose tout propriétaire d'immeuble de rapport au moment de comparer des devis. La réponse tient en une ligne — et elle change la façon dont vous devez lire une prime d'assurance.

La réponse en 10 secondes

Oui au régime réel, pour son montant réel et justifié. Non au micro-foncier.

Si vous déclarez vos loyers au régime réel, les primes d'assurance de votre immeuble loué — multirisque immeuble, PNO, GLI, protection juridique — sont intégralement déductibles de vos revenus fonciers, quel que soit le risque couvert. Si vous êtes au micro-foncier, aucune déduction supplémentaire n'est possible : l'abattement forfaitaire de 30 % est réputé couvrir toutes vos charges, assurance comprise. Sur un immeuble entier en monopropriété, où les charges sont lourdes, c'est très souvent le régime réel qui gagne.

BOFiP, BOI-RFPI-BASE-20-60

Ce que dit l'administration fiscale

La doctrine fiscale admet en déduction des revenus fonciers les primes d'assurance versées par le propriétaire d'un bien loué, quel que soit le risque couvert, dès lors qu'elles se rapportent à un immeuble dont les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. La déduction s'opère pour le montant réel et justifié de la prime, au titre de l'année de son paiement. Conservez donc vos avis d'échéance : ce sont eux qui justifient la charge en cas de contrôle.

Pourquoi ce point mérite-t-il une page entière ? Parce qu'il change la lecture de vos devis. Un bailleur imposé dans la tranche à 30 %, avec 17,2 % de prélèvements sociaux, récupère environ 47 € d'impôt pour 100 € de prime déduite. Une multirisque immeuble affichée 1 800 € par an lui revient en réalité autour de 950 € nets. Comparer deux contrats sur la seule prime faciale, c'est donc se tromper d'ordre de grandeur — et parfois renoncer à une garantie utile pour économiser quelques dizaines d'euros nets.

C'est exactement pour cela que, dans nos devis comparés, nous raisonnons systématiquement en coût net après déduction fiscale pour un bailleur au régime réel : c'est le seul chiffre qui reflète ce que votre assurance coûte vraiment à votre patrimoine.

Encadré à lire avant d'aller plus loin

Cette page présente le cadre fiscal général applicable au 17/07/2026. Elle ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé et ne remplace pas l'avis de votre expert-comptable ou de l'administration fiscale, seuls à même de valider le traitement de votre situation précise (démembrement, déficit foncier, location meublée, etc.).

Quelles assurances de l'immeuble sont déductibles, et sur quelle ligne

Bonne nouvelle : la règle est large. Le BOFiP admet la déduction quel que soit le risque couvert, dès lors que le contrat se rapporte à l'immeuble loué. Voici le panorama complet pour un immeuble en monopropriété.

AssuranceDéductible au réel ?Où la déclarer (2044)
Multirisque immeuble (MRI)Oui, en totalitéLigne 223 — primes d'assurance
PNO (propriétaire non occupant)Oui, en totalitéLigne 223 — primes d'assurance
Garantie loyers impayés (GLI)Oui, en totalitéLigne 223 — primes d'assurance
Protection juridique liée à l'immeubleOui, en totalitéLigne 223 — primes d'assurance
RC propriétaire d'immeubleOui, en totalitéLigne 223 — primes d'assurance
Assurance emprunteur du crédit immobilierOui, mais avec les intérêts d'empruntLigne 250 — intérêts et frais d'emprunt
Assurance des lots que vous occupez vous-mêmeNon (bien non productif de revenus fonciers)

Primes d'assurance d'un immeuble locatif : déductibilité au régime réel et ligne de déclaration (formulaire 2044 — vérifiez le millésime de l'année de déclaration)

Deux subtilités méritent votre attention. D'abord, l'assurance emprunteur : elle est bien déductible, mais pas au titre des primes d'assurance de l'immeuble. Elle suit le régime des intérêts d'emprunt et se déclare avec eux, ligne 250. La distinction compte, notamment si vous générez un déficit foncier : la part du déficit issue des intérêts et frais d'emprunt ne s'impute pas sur le revenu global, contrairement aux autres charges.

Ensuite, le cas de l'immeuble partiellement occupé par son propriétaire — fréquent en monopropriété, quand vous habitez un lot et louez les autres. Seule la quote-part de prime se rapportant aux lots loués est déductible. Si votre MRI couvre tout le bâtiment, il faut ventiler la prime au prorata (par exemple selon les surfaces) et ne déduire que la fraction locative. Un contrat bien structuré, avec une ventilation claire, vous simplifie la déclaration : c'est un point que nous regardons lors de la mise en place de votre PNO ou de votre MRI.

GLI : doublement intéressante fiscalement

La garantie loyers impayés est déductible comme les autres primes — et les indemnités qu'elle verse sont imposables comme des loyers. L'opération est fiscalement neutre sur les indemnités, mais la prime, elle, réduit bien votre base imposable chaque année. Sur un immeuble de rapport dont les loyers remboursent le crédit, la GLI en coût net est souvent bien plus abordable qu'on ne l'imagine.

Régime réel ou micro-foncier : où votre assurance pèse-t-elle vraiment ?

Tout se joue ici. Le même immeuble, les mêmes primes, et deux traitements fiscaux radicalement différents selon le régime de déclaration de vos loyers.

Micro-foncier
Loyers bruts ≤ 15 000 €/an · abattement forfaitaire de 30 % · aucune charge réelle déductible (BOI-RFPI-DECLA-10)
Régime réel
Obligatoire au-delà de 15 000 € de loyers, sur option en dessous · toutes les charges réelles déductibles, primes d'assurance comprises
Option pour le réel
Exercée en déposant une déclaration 2044 · engage pour 3 ans, puis reconductible tacitement chaque année
Règle de bascule
Dès que vos charges réelles dépassent 30 % des loyers, le réel devient plus avantageux que le micro

Au micro-foncier, vous déclarez vos loyers bruts et l'administration applique un abattement de 30 %, réputé représenter l'ensemble de vos charges : assurance, entretien, taxe foncière, frais de gestion. Vous ne pouvez rien déduire de plus. Ce régime n'est accessible que si vos loyers annuels ne dépassent pas 15 000 € — un plafond qu'un immeuble entier de plusieurs lots dépasse très vite : trois T2 loués 450 € par mois suffisent à vous placer de plein droit au régime réel.

Au régime réel, vous déduisez vos charges pour leur montant exact. Et c'est là que la monopropriété change la donne : sur un immeuble entier, vous portez seul la MRI, l'entretien des parties communes, la toiture, les façades, la taxe foncière et souvent des intérêts d'emprunt. Ce volume de charges dépasse presque toujours les 30 % de l'abattement forfaitaire. Autrement dit, même sous le plafond de 15 000 €, l'option pour le réel est fréquemment gagnante pour un propriétaire d'immeuble — faites tourner le calcul avec votre comptable avant l'échéance déclarative, car l'option vous engage trois ans.

Exemple chiffré : la même MRI, deux coûts réels

Un immeuble de 5 lots génère 28 000 € de loyers annuels (régime réel obligatoire). La MRI coûte 2 100 € par an, la GLI 700 €. Pour un bailleur imposé à 30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux, ces 2 800 € de primes déduites génèrent environ 1 320 € d'économie d'impôt : le coût net de toute la couverture tombe à environ 1 480 € par an, soit à peine 25 € nets par lot et par mois. À l'inverse, un bailleur au micro-foncier avec un seul lot loué 8 000 € par an et une PNO à 180 € ne déduit rien de plus : sa prime reste à 100 % à sa charge. Même contrat, même compagnie — deux réalités économiques.

Où déclarer vos primes : le formulaire 2044 ligne par ligne

Au régime réel, vos revenus fonciers se déclarent sur le formulaire 2044, annexé à votre déclaration de revenus. Les primes d'assurance y ont une ligne dédiée.

Concrètement : reportez le total des primes d'assurance payées dans l'année pour votre immeuble loué — MRI, PNO, GLI, protection juridique, RC propriétaire — à la ligne 223 « Primes d'assurance » de la 2044, dans la colonne de l'immeuble concerné. L'assurance emprunteur, elle, rejoint les intérêts d'emprunt ligne 250. Si vous détenez plusieurs immeubles, la 2044 se remplit immeuble par immeuble : ne fusionnez pas les primes, l'administration doit pouvoir rattacher chaque charge à chaque bien.

Trois réflexes de déclaration. Un : déduisez les primes l'année de leur paiement effectif, pas celle de la période couverte — une prime 2027 payée en décembre 2026 se déduit sur les revenus 2026. Deux : conservez vos avis d'échéance et justificatifs de paiement pendant au moins trois ans, délai de reprise de l'administration. Trois : déclarez le montant réel, pas un arrondi ni un forfait — le BOFiP est explicite, la déduction se fait « pour son montant réel et justifié ».

Vérifiez le millésime du formulaire

La numérotation des lignes de la 2044 est stable depuis des années (les primes d'assurance en ligne 223), mais l'administration peut faire évoluer le formulaire d'un millésime à l'autre. Avant de valider votre déclaration, vérifiez l'intitulé de la ligne sur le formulaire de l'année en cours ou dans la notice 2044-NOT disponible sur impots.gouv.fr.

Immeuble détenu en SCI : le sort des primes à l'IR et à l'IS

Beaucoup d'immeubles en monopropriété sont logés dans une SCI, familiale ou d'investissement. La déductibilité des primes ne disparaît pas — mais sa mécanique change selon le régime d'imposition de la société.

SCI à l'IR (translucide) : la société ne paie pas l'impôt elle-même. Ses résultats sont imposés entre les mains des associés, dans la catégorie des revenus fonciers, exactement comme une détention en direct. Les primes d'assurance payées par la SCI — MRI, PNO, GLI — sont donc déductibles dans les mêmes conditions qu'au régime réel : la SCI les porte sur sa déclaration 2072, et chaque associé retrouve sa quote-part de résultat net dans sa 2044 ou directement dans sa déclaration de revenus. Attention : pas d'amortissement de l'immeuble à l'IR — seule la charge d'assurance, parmi d'autres charges réelles, vient réduire le résultat.

SCI à l'IS : on change de monde. La société tient une comptabilité commerciale et paie elle-même l'impôt sur ses bénéfices. Les primes d'assurance sont des charges d'exploitation intégralement déductibles du résultat, et s'y ajoute un levier inexistant à l'IR : l'amortissement comptable de l'immeuble, qui réduit fortement le bénéfice imposable pendant des années. En contrepartie, la fiscalité à la revente est moins favorable (plus-value professionnelle calculée sur la valeur nette comptable). Le choix IR/IS est structurant et dépasse largement la question de l'assurance : il se décide avec votre expert-comptable.

SCI à l'IR
Primes déductibles des revenus fonciers des associés (2072 puis 2044) · pas d'amortissement de l'immeuble
SCI à l'IS
Primes = charges d'exploitation déductibles · amortissement de l'immeuble en plus · plus-value de revente moins favorable
Dans les deux cas
C'est la SCI qui souscrit le contrat et paie la prime — pas les associés en leur nom propre

Un point de vigilance propre à la SCI : le contrat doit être souscrit au nom de la société, propriétaire de l'immeuble — pas au nom du gérant ou d'un associé. Une prime payée par la SCI sur un contrat mal libellé, c'est une charge contestable fiscalement et, plus grave, un risque de difficulté d'indemnisation au sinistre. Qui souscrit, quelles garanties, comment articuler PNO et MRI en société : nous avons détaillé le sujet dans notre guide assurance immeuble en SCI.

Les erreurs fréquentes qui font perdre la déduction — ou bien pire

En matière de fiscalité de l'assurance immeuble, les erreurs coûtent deux fois : une fois auprès du fisc, une fois au moment du sinistre. Voici celles que nous voyons le plus souvent.

Erreur n°1 — déduire au micro-foncier. Reporter ses primes d'assurance alors qu'on déclare au micro-foncier, c'est une double déduction (l'abattement de 30 % les couvre déjà) : rectification assurée en cas de contrôle. Erreur n°2 — déduire l'assurance d'un lot occupé. Le lot que vous habitez dans votre propre immeuble ne produit pas de revenus fonciers : sa quote-part de prime n'est pas déductible et doit être retranchée. Erreur n°3 — mélanger assurance emprunteur et primes ligne 223. Elle se déduit avec les intérêts d'emprunt (ligne 250), et la distinction a des conséquences réelles en cas de déficit foncier.

Erreur n°4 — la plus coûteuse — sous-assurer l'immeuble pour « optimiser » la prime. Réduire artificiellement les capitaux déclarés pour payer moins cher est un très mauvais calcul : l'économie de prime est marginale une fois la déduction fiscale prise en compte, alors que la sanction au sinistre est massive — la règle proportionnelle de capitaux réduit votre indemnisation au prorata de la sous-déclaration, même de bonne foi. Sur un immeuble entier, cela se chiffre en dizaines de milliers d'euros non indemnisés. La bonne équation est l'inverse : des capitaux justes, une couverture complète, et la déduction fiscale qui allège la prime.

L'argument que trop de bailleurs oublient au moment du devis

Puisque l'État finance une partie de votre prime via la déduction, l'écart de prix entre un contrat au rabais et un contrat bien calibré fond de moitié en coût net. C'est le moment de viser la bonne couverture plutôt que la moins chère. Demandez votre devis assurance monopropriété : nous comparons les compagnies positionnées sur les immeubles entiers et nous vous présentons chaque option avec sa prime affichée et son coût net estimé au régime réel — réponse sous 24 h.

Questions fréquentes

Vos questions

L'assurance PNO est-elle déductible des revenus fonciers ?
Oui, au régime réel. La prime d'assurance propriétaire non occupant d'un logement loué (ou vacant entre deux locations) est déductible des revenus fonciers pour son montant réel et justifié, l'année de son paiement, conformément à la doctrine BOFiP (BOI-RFPI-BASE-20-60). Elle se déclare ligne 223 du formulaire 2044. Au micro-foncier en revanche, aucune déduction n'est possible : l'abattement de 30 % couvre forfaitairement toutes les charges.
Peut-on déduire ses primes d'assurance au micro-foncier ?
Non. Le micro-foncier (loyers bruts inférieurs ou égaux à 15 000 € par an) applique un abattement forfaitaire de 30 % réputé couvrir l'ensemble des charges, assurance comprise. Aucune charge réelle ne peut s'y ajouter. Si vos charges réelles — assurance, entretien, taxe foncière, intérêts d'emprunt — dépassent 30 % de vos loyers, ce qui est très fréquent sur un immeuble entier, l'option pour le régime réel est généralement plus avantageuse. Attention : elle engage pour trois ans.
Sur quelle ligne du formulaire 2044 déclarer l'assurance de l'immeuble ?
Les primes d'assurance de l'immeuble loué (MRI, PNO, GLI, protection juridique, RC propriétaire) se reportent à la ligne 223 « Primes d'assurance » du formulaire 2044, immeuble par immeuble. L'assurance emprunteur suit un autre chemin : elle se déduit avec les intérêts d'emprunt, ligne 250. Vérifiez toujours l'intitulé des lignes sur le formulaire du millésime en cours, l'administration pouvant le faire évoluer.
La garantie loyers impayés (GLI) est-elle déductible ?
Oui, intégralement, au régime réel : la prime GLI est une charge déductible des revenus fonciers, à déclarer ligne 223 de la 2044. Notez la contrepartie : les indemnités versées par l'assureur en cas d'impayé sont imposables comme des loyers. La prime réduit donc votre base imposable chaque année, ce qui abaisse sensiblement le coût net de cette protection sur un immeuble de rapport.
Quelles charges peut-on déduire des revenus fonciers en plus de l'assurance ?
Au régime réel, les principales charges déductibles sont : les primes d'assurance, les dépenses de réparation et d'entretien, certaines dépenses d'amélioration, la taxe foncière, les frais de gestion et de garde, les provisions et charges non récupérées sur le locataire, et les intérêts et frais d'emprunt (assurance emprunteur incluse). Chaque charge doit être justifiée et se rapporter à un bien productif de revenus fonciers. Les dépenses de construction ou d'agrandissement, elles, ne sont pas déductibles.
SCI à l'IR ou à l'IS : quelle différence pour la déduction de l'assurance ?
Dans une SCI à l'IR, les primes sont déductibles selon les règles des revenus fonciers, comme en détention directe au régime réel : la SCI les déduit sur sa 2072 et le résultat net est imposé chez les associés, sans amortissement possible de l'immeuble. Dans une SCI à l'IS, les primes sont des charges d'exploitation déductibles du résultat de la société, qui peut en plus amortir comptablement l'immeuble — en contrepartie d'une fiscalité de revente moins favorable. Le choix du régime se valide avec un expert-comptable.
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